Bonsaïs : tout ce qu’il faut savoir – Actuel Nouvelle-Calédonie

Bonsaïs : tout ce qu’il faut savoir

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Mot japonais souvent écrit « Bonzaï », ou « Banzaï », le Bonsaï se traduit par « planter dans un pot ». Ce petit arbuste passe-partout et qui fait le bonheur de milliers de foyers trouve son origine en Chine. Depuis plus de 2000 ans, ce peuple asiatique a commencé la création de paysages miniatures : jardin zen, reproduction de petite taille, plus le résultat était différent de l’original, plus les Chinois en admiraient la magie. Il y a 700 ans, pendant la période Kamakura, les Japonais se sont mis à cette nouvelle forme d’art au modèle réduit, mais cette fois, en cultivant uniquement les arbres, comme les bonsaïs.

Le Bonsaï, plus qu’un petit arbre

Si vous souhaitez vous lancer dans l’aventure du bonsaï, il y a de fortes chances pour que vous cherchiez sur internet « acheter des graines de bonsaï ». Pourtant, et au risque de vous décevoir, les semences de bonsaï n’existent tout simplement pas. Ce sont en réalité des graines d’arbre ou d’arbustes tout à fait normaux. C’est la culture traditionnelle et son entretien qui en fera les bonsaïs que vous connaissez. L’art du bonsaï commence par la création d’un tronc avec une belle conicité. On appelle cette méthode « faire du bois ». Elle va permettre à l’arbre d’avoir de l’ampleur et de grossir plutôt que de grandir. Mais cela dure des années. Construire et former un tronc avec une belle courbe, d’importantes branches principales, c’est ce qui prend le plus de temps. En effet, créer un Bonsaï dès le départ, c’est compter 10 à 15 ans de culture pour fonder, ne serait-ce que la base de votre nouvel ami. Une fois la structure établie, il vous faudra compter entre 5 et 10 ans de travail pour obtenir la densification. Ayez en tête une vingtaine d’années pour avoir un bonsaï « prêt » à partir d’une graine.

Les différents styles de bonsaï

On entend, par style, ce que vous souhaitez en faire. Ça n’a rien à voir avec l’espèce.

Bonsaï Hokidachi ou Balai

Bonsaï Hôkidachi ou Balai

Mot venant de hôki qui signifie balai et de dachi qui se traduit par se tenir bien droit, c’est certainement la forme la plus simple. Le tronc est droit et vertical et une boule est formée par les branches au sommet.

Chokkan

Chokkan

Choku signifie droit et kan, le tronc. De la même manière que le Bonsaï Hôkidachi, le Chokkan possède un tronc droit, mais sa différence réside dans le fait que ses branches sont disposées comme des plateaux.

Shakan

Shakan

Caractéristique de ce type de Bonsaï, il est le résultat d’un vent soufflant ou d’un arbre qui cherche le soleil.

Plusieurs variantes existent :

  • Sho-Shakan : peu incliné ;
  • Shu-chakan : moyennement incliné ;
  • Shakan : incliné ;
  • Dai-shakan : très incliné
Kengai

Kengai

Caractéristique par sa forme de cascade, le style Kengai se reconnaît par toute la ramure qui tombe le long du pot. Pour obtenir ce style, il faudra utiliser un pot à la fois haut et étroit. Ce style est un peu compliqué, car il nécessite de guider la ramure pour que l’équilibre soit conservé. Il faut aussi faire en sorte que son arbre pousse vers le bas, quitte à aller à l’encontre de la tendance naturelle de votre arbre.

Bunjingi

Bunjingi

Ce résultat vient de la difficulté à l’arbre de trouver de la clarté. Il doit alors se frayer un chemin vers la lumière. Ce résultat s’obtient dans un environnement dense ou ce dernier doit grandir pour atteindre une hauteur plus haute que les autres.

Fukinagashi

Fukinagashi

Encore un bon exemple d’arbre qui se bat pour vivre, le style fukinagashi résulte d’une plante qui n’a pas été mise à l’abri du vent. Les branches et le tronc poussent alors du même côté, là où elles peuvent.

Sokan

Sokan

Forme courante en nature, mais peu chez les bonsaïs, cette forme particulière débute avec deux troncs d’une souche commune. Les deux troncs forment alors une couronne de feuilles.

Yose-ue

Yose -ue

Également appelé bosquet, ce style est une petite forêt composée d’arbres de la même espèce. Le nombre sera toujours impair. Tous les troncs sont à des hauteurs différentes pour former un dégradé.

Le terme va évoluer en fonction du nombre d’arbres plantés :

    • 3 : Sambon-yosé ;
    • 5 : Gohon-yosé ;
    • 7 : Nanahon-yosé ;
    • 9 : Kiyûhon-yosé ;
    • Supérieur à 9 : Yosé-ué ;
Seki-joju

Sekijojû

Ce style est représenté par des racines qui ont grossi autour d’un rocher ou de cailloux. Très difficile à obtenir, ce style doit tenir compte des lianes qui vont s’enlacer autour du rocher avant d’atteindre le sol. Elles doivent alors se protéger du soleil grâce à la création d’une écorce particulière.

Moyogi

Moyogi

Ce style de Bonsaï est reconnaissable par la forme en S de son tronc. À chaque courbe, des branches poussent.

Ishisuki

Ishitsuki

À peu près dans le même registre que le Sekijojû, cet arbre a la particularité de pousser dans les fissures des roches. Manquant de place pour absorber tout ce dont elles ont besoin, les arbres paraissaient en mauvaise santé. Pour ce style, il faudra donc le nourrir et l’arroser souvent puisqu’il manque d’espace pour stocker tout son nécessaire en eau et en nutriments.

L’entretien en 3 étapes.

1. L’arrosage

Étape primordiale dans l’entretien de vos plantes, mais surtout de votre bonsaï, l’arrosage doit être réalisé astucieusement. Retenez que plus votre pot sera petit, plus il faudra l’arroser souvent. En effet, votre bonsaï étant limité dans ses possibilités de réserves, il faudra lui mettre suffisamment d’eau à disposition. La cause la plus répandue dans la mort des bonsaïs est le manque d’eau. Si vous êtes amené à partir, déléguez à une personne de confiance qui saura respecter ses besoins hydriques.

2. Ligaturer correctement son bonsaï.

La ligature se réalise avec des fils de cuivre pour les plus courants, qui vont aider à modeler et à dessiner la forme des branches. Même si cette utilisation vous fera gagner des années puisque vous vous éviterez la taille incessante et obtiendrez l’aspect recherché du premier coup, elle n’en est pas moins sans risque. Pour optimiser cette méthode, veillez à anticiper l’évolution des fils et à faire en sorte qu’ils n’entrent pas dans l’écorce.

3. Renouveler la terre.

Régulièrement, la terre de votre bonsaï devra être changée. Vous n’êtes pas obligé de rempoter votre bonsaï dans un pot plus gros, mais il est indispensable de renouveler le sol. Cette action va lui permettre de former de nouvelles branches que vous taillerez aussitôt bien sûr.

Eh oui, car vous l’auriez compris, le bonsaï c’est un arbre qu’on encourage à pousser en le taillant. Attention aussi, si votre bonsaï est à l’extérieur, pensez à le rentrer lors de cyclone.

Par Cindy Johnston

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