Actuel Nouvelle-Calédonie

Réputée comme un sport de combat très violent, la boxe thaï est pourtant une discipline complète, pour le corps comme pour l’esprit.
Rencontre avec Edouard Coquillat, passionné et cofondateur du Siam Fight, il y a tout juste 3 ans.

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Un art ancestral
Connu sous le nom de boxe thaï en France, le muay thaï est l’une des quatre disciplines pieds et poings de la boxe, avec la savate, le kick-boxing et le full-contact. C’est sans doute l’une des plus vieilles aussi. Elle puise son origine dans des pratiques de combat auxquelles recouraient les rois pour repousser leurs ennemis. A la fin du XVIe siècle, le roi Naseruan Le Grand de Thaïlande, connu pour être un excellent boxeur, rendit le muay thaï obligatoire pour tous ses soldats. Cet art martial des rois devint très populaire, au point de faire partie de l’éducation des jeunes thaï. Interdit en 1920 à cause des blessures qu’il causait, ce sport refit surface en 1930 en adoptant certains codes de la boxe anglaise comme les gants, le ring ou les catégories de poids.

Dépasser ses limites
Associant des techniques ancestrales de coups de pied, de coudes et de genoux, la boxe thaï demande une très grande vigilance car les coups peuvent venir de partout. Les boxeurs ont droit également aux projections même si celles-ci n’apportent pas de points à proprement parler. « C’est un sport très complet, résume Edourd Coquillat, le trésorier et cofondateur, avec Gauthier Rocton, du Siam fight Nouméa. Certains viennent chercher la perte de poids, d’autres le combat. Mais ce qui est sûr, c’est que les gens y cherchent avant tout le dépassement de soi. » Bon pour le corps donc, car tous les membres sont sollicités pour vaincre l’adversaire, mais excellent aussi pour l’esprit puisque la discipline invite à « dépasser ses limites, à passer le cap de la peur et donc à gagner confiance en soi ».

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Des champions du cru
Créé en septembre 2015, le Siam FightNouméa « a démarré sur les chapeaux de roues ». Si plusieurs clubs de boxe thaï existaient déjà sur le Caillou, les fondateurs de ce nouveau club ont voulu miser sur la pédagogie et la motivation en faisant venir les plus grandes pointures du moment, comme le belge Youssef Boughanem. En 2016, le club a organisé les tous premiers championnats de boxe thaï deNouvelle-Calédonie, puis envoyé la même année trois jeunes en stage en Thaïlande, dans ce qu’on appelle des camps, qui sont des lieux d’entraînement spécialisés. Certains boxeurs calédoniens se sont déjà fait un nom hors des frontières du Caillou comme Jérémy Léoni, 23 ans, double champion de France senior amateur et vice-champion de France junior. « Il revient de Thaïlande où il a gagné deux combats », souligne Edouard Coquillat. Ou encore Maïna Charlot, triple championne de France amateur, qui passera entraîneur l’an prochain.

Outil de réinsertion
Les femmes représentent d’ailleurs 30 % des effectifs du club. « Elles sont souvent plus volontaires et plus assidues », note le trésorier du club. Entraîneur avec Gauthier Ricton, Edouard Coquillat insiste sur la rigueur de l’enseignement. « Les parents nous confient leurs enfants. Certains sont parfois en échec scolaire ou ont refusé d’autres disciplines. Nous ne pouvons pas faire n’importe quoi. » Outil de cohésion et de réinsertion parfois, le club de boxe a pris ses quartiers sous une demi-lune près du terrain de football de la SLN, à Doniambo. Un lieu historique dans lequel le fighting spirit continue de planer tous les soirs de la semaine, grâce à l’énergie du club. « On se doit d’être sérieux, insiste Edouard Coquillat. Car à notre petit niveau, on peut changer des vies. »

Pratique
Quand commencer ? Dès 7 ans
Quel équipement ? Juste un short,
un t-shirt et un protège-dents,
le reste du matériel est prêté
Où appeler ? Au 79 77 98

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