UNE RÉSERVE TEMPORAIRE POUR PROTÉGER LA FAUNE DE L’ÎLE VERTE ? – Actuel Nouvelle-Calédonie

UNE RÉSERVE TEMPORAIRE POUR PROTÉGER LA FAUNE DE L’ÎLE VERTE ?

Telle a été la mission commandée par la Province Sud à Delphine Mallet, Docteur en écologie marine et fondatrice de Visioon, startup lauréate de différents prix de l’innovation qui développe et utilise des systèmes vidéo autonomes et ouvre la voie à des procédés innovants pour étudier la biodiversité marine et terrestre sans intervention humaine et pour permettre l’exploration d’habitats inaccessibles.

Par Kaëchel Mostah

A Bourail, la fausse passe de l’Ile verte regorge de nombreuses espèces remarquables et abondantes. Des raies aigle, une maman dugong et son bébé, des requins marteau…
L’enjeu de cette étude est de protéger la faune de cette zone par la possibilité d’en faire une réserve temporaire pendant la saison de reproduction, afin de garantir la préservation des espèces dans le lagon.
C’est entre septembre et avril que les images rares captées par Delphine et sa caméra 360° ont donné la possibilité de déterminer les espèces qui vivent dans cet espace et leur abondance.
« J’ai pris beaucoup de plaisir sur cette zone parce qu’on y voit une richesse en termes d’espèces qui est exceptionnelle. C’est quelque chose que j’ai rarement vu sur mes différentes observations depuis 10 ans. Sur cette toute petite zone, on n’y voit des raies-aigle sur énormément de stations et à chaque fois énormément de tortues » souligne Delphine Mallet.

Les résultats sont impressionnants, plus de 16 000 poissons appartenant à plus de 200 espèces et 44 familles ont été identifiés ; et ce, grâce à la caméra spécifique de Delphine immergée sous l’eau jusqu’à 40 mètres de profondeur sans plongeurs pendant 15 minutes sur une même station.
« Cette caméra d’observation 360 non perturbée, est un œil discret sous la mer, une caméra cachée qui permet de capter un environnement naturel sans présence humaine. Il permet d’observer le comportement des poissons quand il n’y a personne aux alentours » précise Delphine Mallet.
Cette fausse passe a révélé toute sa richesse et l’étude de la province confirme les observations des pêcheurs bouraillais dans cette zone, la plus étroite du territoire avec ses 50 kilomètres de large seulement !

« Pour la Direction de l’environnement, il est important de pouvoir connaître la fonctionnalité de cette zone, les espèces qui s’y reproduisent, s’il y a des des espèces rares ou emblématiques avec un intérêt de conservation élevé afin de mettre en face des mesures de gestion appropriées » dit Laurence Bachet, de la DENV.
Suite à cette étude, des mesures de gestion pourront être envisagées. Il faut savoir qu’autrefois la fausse passe de l’île verte était tabou et interdite à la pêche. La région de Bourail est très riche en ressources et subit beaucoup de pressions. Les zones de la Roche Percée, la Baie des Tortues et Poé sont déjà sous protection provinciale.

Sources : https://sudmag.nc / http://visioon.nc

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