LES NOUVEAUX MÂLES – Actuel Nouvelle-Calédonie

LES NOUVEAUX MÂLES

 

En pleine mutation, l’identité masculine peine à se frayer un chemin sur un terrain encore mouvant.
Si la guerre des sexes est en voie d’être dépassée,
les nouveaux mâles n’ont d’autre choix que celui de se réinventer. Décryptage.

Par Charlotte De Buzon

 

La sexualité des hommes a changé au moment où la sexualité des femmes est devenue plus libre.

 

Dans une société qui connaît de profondes mutations dans les rapports entre les deux sexes, où l’image du mâle traditionnel s’est peu à peu effacée au profit d’une multitude de modèles, la forteresse masculine a fini par s’effondrer. Au point que les hommes ne savent plus sur quel pied danser. C’est qu’après des décennies de frustrations féminines, l’égalité progressive des sexes ne se fait pas sans heurts. Faisons un petit retour en arrière pour comprendre pourquoi aujourd’hui les hommes ont l’impression à tort ou à raison d’avoir une certaine la pression.

Ici en Nouvelle Calédonie, il n’y a pas si longtemps (une petite quarantaine d’années) la question ne se posait pas de savoir si on en demandait trop aux hommes. Aussi, on ne parlait pas de sexualité et encore moins de plaisir. On le faisait c’est tout ! On évoquait seulement à la limite le devoir conjugal.

 

QU’EST-CE QUE C’EST QUE CE FAMEUX « DEVOIR CONJUGAL » ?

En fait, c’était l’obligation pour un couple marié de consommer régulièrement leur union. En d’autre termes ; avoir une relation sexuelle. Ce mot « devoir » signifiait bien obligation ! Heureusement les choses ont changé et aujourd’hui toute relation sexuelle non consentie est interdite par la loi même entre époux.

Parallèlement, ils font face à des femmes plus ouvertement désirantes, qui s’accordent ce droit-là. Un changement désarçonnant. Or, il s’agit bien de trouver le moyen d’être désirants ensemble. C’est l’enjeu majeur du couple. Pour pouvoir avancer, les hommes doivent arrêter de croire que tout passe par eux. À commencer par l’orgasme de leur partenaire, une obsession qu’ils sont nombreux à partager.

Ainsi, certains hommes ont la sensation de détenir toute la responsabilité d’un rapport sexuel heureux entre leurs mains. Du machisme ? non, pour beaucoup, ce sentiment est loin d’être agréable et ils s’en passeraient bien. Comment EXIGER dans une relation de partage ?

Pourquoi ne pas expliquer à l’autre ce qui va ou ne va pas ? Cela voudrait dire que les hommes devraient tous deviner le ”Mode d’emploi “ de chaque femme !
Les hommes ont de tout temps reçu un message culturel et éducatif selon lequel ils étaient maîtres de la sexualité ». Freud, par exemple, affirmait que la libido était uniquement masculine : grosse ERREUR !.

Les hommes ont toujours été ceux qui devaient désirer.
Pourtant, aujourd’hui, ils s’aperçoivent et assument plus facilement qu’ils ont aussi besoin d’amour et de tendresse.

 

PAS SI SIMPLE D’ÊTRE UN HOMME ?

Cette exigence sexuelle ne profite pas toujours pas à ces messieurs Beaucoup d’hommes désormais, doutent
d’eux-mêmes.

Effrayés par les nouvelles exigences de leurs partenaires, ils se renferment dans leur coquille. Se cantonnent parfois à avoir des histoires sans lendemain, préfèrent ne pas faire l’amour plutôt que de ne pas assurer ou de ne pas être à la hauteur.
Ne savent pas ce qu’ils doivent faire ou pas. N’osent pas entreprendre par crainte de se tromper. Tous ces signes peuvent aussi se traduire par une baisse de désir,
un trouble de l’érection…

 

LES PRÉJUGÉS SUR LES HOMMES ?

Les femmes ont des préjugés sur les hommes totalement erronés ; « un homme a toujours envie » ,« Il doit avoir une érection si il m’aime ! ». Cette confusion entre amour et désir est source de conflit. Non seulement la parole des femmes s’est libérée, mais elle s’autorise même parfois à être déplacée.

Ce type de réflexion n’arrange rien au contraire : « Mais qu’est-ce que tu veux que je fasse avec ça ? » ou encore « Pas de bol, je suis tombée sur un impuissant » ou « Mais t’es vraiment nul… ». Certains de mes patients consultent car ils croient ne plus être performants. En fait, ils ne s’autorisent pas à partager juste des moments de calins et de sensualité sans forcement que ce soit sexuel.La notion de performance est à bannir.

Chacun des partenaires peut donner et prendre du plaisir dans l’échange et le partage. Ce n’est pas une compétition. Le chemin est donc encore long avant que l’homme et la femme se placent sur un pied d’égalité lorsqu’il s’agit du septième ciel. Mais, la nouveauté, aujourd’hui, les hommes s’interrogent et commencent à parler entre eux. Lorsqu’ils se donnent l’autorisation de parler, c’est finalement pour montrer de la tendresse et une leur fragilité.

 

 

Charlotte de Buzon
Sexologue – Sexothérapeute
Thérapeute de couple
Nouméa – Tél. : 83.30.10
FB : sexothérapeute-sexologue NC
Site : www.sexotherapeute.nc

 

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