Accueillir ses émotions… – Actuel Nouvelle-Calédonie

Accueillir ses émotions…

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Elles nous submergent, nous emplissent, nous emportent, nous aveuglent, mais jamais ne nous définissent. Les émotions, parfois violentes, parfois satinées, ne sont pas des structures autonomes et jouent un rôle, bien sûr, dans notre équilibre. 

Qu’est-ce qu’une émotion ?

D’après le Larousse, une émotion est un « trouble subit, une agitation passagère, une réaction affective transitoire d’assez grande intensité […] ». Le terme « transitoire » est important ici. Car l’émotion, c’est le flux, le mouvement, l’énergie de la vie.

La peur, la tristesse, la joie, la colère, la surprise et le dégoût sont les six émotions fondamentales, communes à toutes les cultures, énoncées par Paul Ekman, psychologue Américain. Les nuances émotionnelles sont, elles, infinies, liées à notre expérience et propres à chacun.

Une émotion est une danse initiée par un agent déclencheur (une situation, une parole, une odeur, une sensation tactile, un souvenir…) et menée par les filtres personnels (milieu familial et culturel, vécu, singularité…).

Comment les émotions s’expriment-elles à travers le corps ?

Le bouleversement physique qui survient lors d’une émotion est incontrôlé. Les réactions métaboliques qui se mettent en place constituent un processus régulateur. En cas d’émotion puissante, comme une peur par exemple, ce sont les réflexes archaïques qui nous guident et peuvent entraîner des réactions déraisonnables. C’est le cas lorsqu’on veut sauter par la fenêtre lors d’un incendie. A l’inverse de l’émotion, l’état émotionnel dure dans le temps. Il s’installe, prend ses marques, se nourrit du quotidien.

Tandis que l’émotion s’accueille et se vit, l’état émotionnel se travaille, dans une intention de développement personnel, en apprenant, par exemple, à lâcher-prise. Le corps et l’esprit sont étroitement liés.

La sérotonine et la dopamine sont libérées lorsqu’on est détendu, heureux, et exercent un effet positif sur l’organisme. Inversement, à la longue, le cortisol et l’adrénaline, affaiblissent le système immunitaire.

Un état émotionnel va donc influer sur le système nerveux, le stimuler, et par là avoir un impact sur toutes les fonctions de l’organisme.

La PNEI, ou psycho-neuro-endocrino-immunologie, est un concept récent, qui propose une approche transversale : les fonctions cardiaque, respiratoire, digestive etc… sont sous la dépendance de plusieurs systèmes de contrôle :

  • Le psychisme
  • Le système nerveux
  • Le système hormonal
  • L’immunité

Considérant tout cela, la nécessité de libérer les émotions refoulées, prend tout son sens.

Hygiène de vie et émotions

Bien sûr, l’alimentation va jouer un rôle très important dans notre équilibre émotionnel. Souvenez-vous, l’intestin, par les neurotransmetteurs qu’il sécrète, est notre deuxième cerveau. Il faut donc prendre soin de son microbiote. Aller vers une alimentation hypotoxique, la plus brute, la plus naturelle possible, en évitant les aliments industriels, raffinés, les conservateurs, les arômes artificiels… Consommer des pré et des probiotiques.

Vous le savez, l’activité physique est indispensable, à la fois pour oxygéner l’organisme et le soutenir dans ses fonctions d’élimination, et pour l’équilibre émotionnel. En effet, le sport réduit les risques de dépression et les troubles anxieux et améliore la confiance en soi.

Dormir est bon pour votre moral ! Avoir un sommeil suffisant et de qualité est même essentiel.

Avoir une vie sociale riche et satisfaisante est nécessaire à l’équilibre.

Attention à la pollution de l’esprit, les nouvelles souvent mauvaises ou décourageantes, les réseaux sociaux qui sur-stimulent, énervent… ce surplus d’information qui surcharge notre système nerveux et peut s’avérer être une source non négligeable de stress.

Les outils pour accueillir nos émotions

Les émotions ne se gèrent pas, elles ne nous sont pas extérieures, notre volonté est inutile lorsque la danse est entamée. Les émotions s’accueillent. L’équilibre émotionnel, ce n’est pas se débarrasser de ses émotions déplaisantes, ni de ses réactions. C’est reconnaître ses émotions, les apprivoiser, entendre, comprendre ce qu’elles nous disent.

La méditation de pleine conscience nous apprend à laisser vivre nos émotions. On lave le mental. Avec bienveillance, sans jugement. Être dans l’instant, dans l’observation et l’accueil de la richesse de notre monde intérieur.

La respiration, et notamment la cohérence cardiaque, permet un meilleur équilibre du système nerveux autonome. Il y a beaucoup d’autres exercices de respiration qui vous apporteront calme, retour à soi, ancrage.

La psychologie positive met en avant le meilleur de nous-même pour favoriser l’épanouissement.

Une activité artistique, et tout ce vous vous fait entrer dans le flux, ou expérience optimale, qui correspond à ces instants où l’on se sent vivant et présent à ce que l’on est en train d’accomplir : sport, jardinage, peinture, cuisine, musique…

L’écriture intuitive qui consiste à écrire un peu chaque jour tout ce qui nous passe par la tête, permet la libération de certaines émotions refoulées, et plus de clarté mentale.

Les massages aident à lâcher prise, libérer les émotions, se reconnecter à soi, se réconcilier avec son corps.

Phytothérapie et apports nutritionnels

Les oméga-3 améliorent les états émotionnels dépressifs et la résistance au stress. Ils ont un effet régulateur de l’humeur important.

La Vitamine D3 est essentielle, elle prévient la dépression et améliore le système immunitaire.

Les plantes adaptogène augmentent la capacité du corps à s’adapter au niveau de stress : le cassis, le gingko Biloba, le ginseng, la rhodiole, le romarin, le safran…

Les fleurs de Bach aident à libérer, accueillir les émotions.

Le magnésium est au cœur de la production d’énergie de nos cellules et participe à la transmission de l’influx nerveux, régule l’axe du stress, a une action myorelaxante.

La mélisse est antispasmodique et calmante, tout comme l’Aubépine, tranquillisante.

La valériane est utile en cas de troubles anxieux associés à une note dépressive.

Le millepertuis est indiqué dans les états dépressifs.

Le sélénium est un oligo-élément essentiel dans la gestion du stress, dont la carence augmente les risques de dépression : les champignons, les tomates, le chou, le brocoli, l’oignon, l’ail, les fruits de mer et le champion toute catégorie ; la noix du Brésil, non salée non blanchie.

Le griffonia, contient du 5-http, précurseur de la sérotonine.

Certaines huiles essentielles participent à l’équilibre émotionnel (lavande fine, marjolaine à coquilles, ylang-ylang, camomille romaine, petit-grain bigarade, orange douce…)

Mise en garde : les huiles essentielles sont très puissantes. Mal employées, elles peuvent être entraîner des effets secondaires. Le seuil toxique dépend de l’huile. Respecter toujours les dosages : 1 goutte n’est pas 2 gouttes.  Elles ne doivent pas être utilisées en usage prolongé, même à faible dose. Ne jamais utiliser d’huile essentielle en intraveineuse, intramusculaire ni dans les yeux. En cas de grossesse, interrompre immédiatement la prise d’huile essentielle. Certaines plantes adaptogènes ne sont pas compatibles avec la prise d’anxiolytiques. Consultez votre médecin.

Pour favoriser une bonne gestion du stress et l’accueil des émotions, consulter un naturopathe peut vous aider, notamment en mettant en place une « boite à outils » personnalisée : neuro-nutrition, équilibre du microbiote, gestion de l’inflammation, hygiène de vie, relaxation, cohérence cardiaque, phytothérapie…

Article de Enaëlle DESCHAMPS

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