VEGAN, POURQUOI PAS VOUS ? – Actuel Nouvelle-Calédonie

VEGAN, POURQUOI PAS VOUS ?

 

 

Pourquoi des gens qui aimaient la viande, le lait, les oeufs et même le miel font-ils le choix de ne plus en consommer ? Pourquoi refusent-ils également le cuir, la laine, les zoos ? Et pourquoi sont-ils de plus en plus nombreux ? Loin d’être une simple lubie, c’est une pratique tout à fait étudiée et réfléchie. Si le nombre de véganes est en très forte augmentation, c’est qu’il y a de très bonnes raisons à cela.
Petit tour d’horizon d’un mouvement de fonds grandissant.

Par Quentin Folliasson

 

 

VIVRE SANS EXPLOITER LES ANIMAUX

Voilà en quoi consiste le véganisme. Une façon de vivre qui cherche à exclure toute forme d’exploitation et de cruauté envers les animaux, autant qu’il est possible de le faire. Que ce soit pour se nourrir, s’habiller, se divertir ou pour tout autre but. Il encourage donc le développement et la mise en oeuvre d’alternatives à de nombreuses pratiques actuelles.

 

FONDEMENT DE NON-VIOLENCE

Le fondement même du véganisme, l’essence de cette pratique, c’est avant tout la non-violence. Le principe qui veut qu’en l’absence de nécessité absolue, nous devons nous abstenir de nuire, de faire du mal à autrui et de détruire. De ne pas faire aux autres ce que nous ne voudrions pas qu’on nous fasse sans leur consentement éclairé.
Parfois qualifié d’extrême, le véganisme est pourtant une application concrète de ce principe reconnu et accepté de tous. Seriez-vous prêt à faire du mal à un animal en absence de nécessité ? Etes-vous d’accord de faire souffrir pour satisfaire votre confort ou votre plaisir ? À ces questions, l’immense majorité des gens répondent non. Si vous en faites partie, alors vous êtes vous même végane, au fond de votre coeur.
Peut-être ne l’avez vous pas encore mis en pratique, faute d’information ou sous le poids des habitudes, héritées de notre éducation.

 

Nous exploitons les animaux dans de nombreux domaines, et en très grande partie pour notre alimentation.

 

CE QUE VIVENT LES ANIMAUX D’ÉLEVAGE 

Il est important de rappeler que nous sommes nous-même des animaux, de la catégorie des vertébrés, mammifères. Les membres des autres espèces sont eux aussi faits de chaire et d’os, capables d’aimer et de souffrir. L’immense majorité des produits d’origine animale qu’on trouve dans le commerce est issues de filières intensives (même en Nouvelle-Calédonie). Les conditions de vie y sont inqualifiables tant elles sont ignobles. Les animaux sont entassés, concentrés à l’extrême,
au milieu de leurs excréments (provoquant maladies, brûlures dues aux émanations d’amoniac, ainsi d’atroces souffrances). Ils ne voient jamais la lumière du jour.
Leurs conditions de survie les rendent littéralement fous, le manque d’espace les pousse à s’attaquer entre eux. Ils subissent des mutilations à vif visant à
minimiser les blessures qu’ils s’infligent. Ceci est loin d’être une liste exhaustive des pratiques qui consistent à gérer la privation de liberté d’individus ayant une volonté propre, à la poursuite de leur bien-être et de leur intégrité physique et mentale. Les poissons d’élevage sont aussi concernés par les univers intensifs et concentrationnaires.
Les abattoirs sont les mêmes pour tous les animaux, qu’ils soient élevés en plein air, nourris au bio ou issus d’élevages intensifs. Les cadences sont extrêmes, ils sont frappés pour avancer, seulement étourdis avant leur mise à mort et certains se réveillent en phase d’égorgement, pendus par les pattes. Il est de toute manière impossible de tuer sans violence, quelque soit la méthode, sans nuire aux intérêts du condamné (sauf dans un cas très précis qui s’appelle l’euthanasie, qui est pratiqué dans l’intérêt du concerné et pas de celui qui le tue).

 

LE LAIT ET LES ŒUFS TUENT AUSSI

Que ce soit pour produire des œufs ou du lait, pour perpétuer la production, il faut provoquer des naissances afin de renouveler la population d’animaux.
Même dans le cas d’élevages fermiers à petite échelle ou amateurs, seules les femelles produisent. Les mâles se retrouvent donc systématiquement en surnombre et sont donc tués. Envoyés à l’abattoir pour les veaux ou broyés vivants dans le cas des poussins pour les cas les plus courants.
Pour la production laitière, ce sont les naissances à répétition qui provoquent et stimulent une lactation permanente, qui épuise les mères. Leurs veaux leurs sont enlevés peu de temps après la naissance.
Le lien d’amour entre une vache et son veau, une chèvre et son chevreau est très puissant. Leur séparation cause des souffrances émotionnelles intenses. Les poules, à l’état libre et sauvage, couvent et protègent également leurs poussins.

ET LE MIEL ?

Il est difficile de récolter le miel sans tuer aucune abeille, sans se protéger, sans enfermer les abeilles dans un compartiment de la ruche ou sans les enfumer pour les «apaiser». Dans la nature, libres, elles le défendent, signe qu’elles ne souhaitent pas qu’on le leur prenne. Elles sont même prêtes à se suicider (en piquant, elles s’arrachent l’abdmonen) pour le protéger. Les espèces domestiques ont tant l’habitude qu’elles ne manifestent plus ou moins d’énergie à lutter contre cette intrusion. L’argument de la préservation ne tient pas, au contraire, en les domestiquant nous leur faisons perdre leur capacité à se débrouiller seules. Sélectionnées pour leur productivité, ce ne sont pas les seules abeilles qui existent. Leur élevage provoque des déséquilibres au sein des populations de polinisateurs sauvages en occupant l’espace pour le pollen.

LE VÉGÉTALISME : POSSIBLE ET BÉNÉFIQUE

Une alimentation qui ne contient aucun produit d’origine animale est possible, viable et saine à tous les âges de la vie. Y compris pendant la grossesse, l’allaitement et la petite enfance. Comme toutes les façons de s’alimenter, il faut qu’elle soit bien menée, équilibrée et constituée de produits sains. C’est ce que prouvent la littérature scientifique et les conclusions de nombreuses institutions de santé publique.
Il est donc possible pour les véganes de choisir les alternatives végétales dans leur alimentation pour satisfaire leurs besoins nutritionnels.
Encore mieux, le végétalisme présente des avantages considérables en terme de santé. Les statistiques montrent que la population végétalienne est moins affectée par les maladies dégénératives les plus meurtrières de notre société (maladies cardio-vasculaires, certains cancers, diabète de type 2, obésité, hypertension, cataracte, maladies auto-imunes, problèmes d’articulation (arthrose, ostéoporose…), insuffisance rénale, démence…
et ont une espérance de vie au moins égale ou supérieure aux personnes omnivores. C’est logique, notre physiologie d’hominidé proche de celle des grands singes est mieux adaptée à digérer une énorme prédominance de végétaux. Les aliments d’origine animale sont extrêmement inflammatoires, acidifiants et provoquent de nombreux déséquilibres.
En fait, en faisant ce choix d’alimentation, on a beaucoup plus de chances de se faire du bien que du mal. Il n’y a pas plus de carences chez les végétaliens que chez les autres, certains nutriments sont plus faciles à trouver, d’autres plus rares, comme dans tout type d’alimentation, mais aucun ne manque. Il faut seulement sécuriser une source de vitamine B12 et suivre quelques principes élémentaires.

 

BIEN ÉQUILIBRER SON ALIMENTATION VÉGÉTALISME

La vitamine B12 est le seul nutriment indispensable absent des végétaux. Ce sont les bactéries qui fabriquent toute la B12 que nous retrouvons dans toute la chaîne alimentaire. Dans la nature, les ruminants l’obtiennent directement grâce aux bactéries présentes dans leur tube digestif, les autres animaux par la consommation d’insectes, de leurs excréments, d’oeufs ou d’autres animaux. De même pour les poissons et la chaîne alimentaire marine dans les micro-algues et cyanobactéries. Mais attention, la B12 des algues n’est pas directement assimilable pour nous.
Nous savons aujourd’hui cultiver les bactéries qui la produisent et récolter directement la B12 à sa source. Les personnes végétaliennes doivent la prendre de cette manière là car elle est vitale et les éventuelles voies alternatives comme certains aliments fermentés ne présentent pas les niveaux de garantie suffisants. La littérature scientifique est claire là-dessus. La carence peut se révéler très dangereuse et conduire au décès, particulièrement chez les enfants. Il n’y a cependant aucun risque de carence avec des apports sécurisés. Les animaux d’élevage modernes qui représentent la majorité de ce qu’on trouve dans le commerce sont d’ailleurs supplémentés par ce biais-là. 90% de la production mondiale de B12 leur est destinée, ainsi que de nombreux autres compléments. En fait, les végétaliens n’en consomment pas plus que la majorité des gens, ils le font juste directement et consciemment sans passer par le corps des animaux.
Pour le reste, c’est très simple. Il suffit de manger varié, à votre faim, de manière à vous faire plaisir, des produits entiers, non transformés. Idéalement bio et de saison. En intégrant différentes familles d’aliments (racines, feuilles, fruits, légumineuses, céréales, champignons, algues marines, noix, graines, épices, aromates…) vous aurez toutes les chances de ne manquer de rien. Variez les goûts, les couleurs et surtout, faites vous plaisir !

La cuisine végétale est très gourmande !

NOUS AVONS TOUS, TOUT À Y GAGNER :

S’abstenir d’exploiter les animaux a de très nombreuses répercussions positives particulièrement impactantes. Petit tour d’horizon de ce que nous avons à y gagner.

POUR L’ENVIRONNEMENT :

Adopter un mode de vie végane est la manière la plus sûre de ne pas contribuer aux effets négatifs de l’élevage sur notre environnement.
L’élevage est la première cause de nos problèmes environnementaux toutes destructions confondues. Il émet plus de gaz à effet de serre que tous les transports réunis, il est la première cause de déforestation dans le monde, le premier consommateur et pollueur d’eau, les épandages de lisier des élevages intensifs polluent les sols, les cours d’eau et les zones côtières par acidification créant des zones mortes. Les émanations d’ammoniac contribuent aux pluies acides.
L’élevage occupe des surfaces de végétation naturelle immenses pour un rendement minime comparé aux productions végétales, contribuant le plus à la perte d’habitat pour la faune et la flore sauvage, principale responsable de la disparition des espèces qui y vivent. Il occupe 30% des toutes les terres émergées non couvertes par les glaces. La majorité des cultures intensives de céréales et de légumineuses servent à nourrir le bétail. Cela multiplie les besoins en surfaces agricoles et donc en pesticides, intrants chimiques, tracteurs et irrigation. Il faut consommer environ 10 fois plus d’énergie pour produire une calorie de protéine animale que végétale. La pêche est également la première responsable de l’effondrement des espèces de poissons.
Quelques schémas pour mieux se rendre compte de l’impacte immense de la production alimentaire animale comparée à celle végétale.

 

CONTRE LA FAIM DANS LE MONDE :

L’élevage réduit la disponibilité alimentaire mondiale. Il faut de 3 à 10 kilos de végétaux pour produire un seul kilo de viande. La plupart des animaux étant concentrés dans les hangars des élevages intensifs, ils sont principalement nourris par des céréales directement consommables par les humains. C’est un énorme gaspillage de ressource alimentaire. Les céréales s’achètent à la Tonne sur les marchés boursier, faisant pression sur les prix et enlevant le pain de la bouche des plus démunis.
Certains peuples connaissant la famine vivent dans des pays exportateurs de céréales à destination du bétail des pays riches. Nous entretenons un cheptel mondial de 70 Milliards d’animaux terrestres qu’il faut nourrir alors que moins d’1 Milliards d’humains souffrent de la faim.

 

POUR LA SANTÉ PUBLIQUE :

On l’a vu, le végétalisme présente des avantages en terme de santé individuelle, mais également en terme de santé publique. Les animaux d’élevage intensif sont littéralement rendus malades par leurs conditions de vie malsaines. Ils sont donc tous, systématiquement et à titre préventif, gavés d’antibiotiques.
Cela favorise le développement de bactéries résistantes, pouvant affectés les humains. Fièvre aphteuse, H1N1, grippe porcine, vache folle, grippe aviaire… autant de scandales liés à l’élevage. Nous n’entendons jamais parler de grippe du concombre, fièvre de la papaye ou de haricot fou. La culture végétale est beaucoup plus saine et moins risquée.
De plus, les résidus d’antibiotiques se retrouvent dans les chaires, le lait ou les oeufs des animaux ainsi que dans l’eau potable (ils passent les usines de retraitement). Nous en consommons donc régulièrement, ce qui dégrade notre flore intestinale (microbiote), siège du système immunitaire et de l’assimilation des nutriments entre autres. On ne compte plus les scandales des viandes contaminées aux e-coli et aux salmonelles dans les laitages.
Au delà du physique, quelles «vibrations», quelles informations hormonales, toxines de stress, d’angoisse et de souffrance sécrétées dans les chaires et le sang de l’animal ingérons-nous ?
Nous sommes ce que nous mangeons, et la plupart des animaux d’élevage sont malades et souffrants.

 

DISSONANCE COGNITIVE :

La dissonance cognitive est une tension psychique qui se créée lorsque nos actes entrent en conflit avec nos émotions, nos valeurs ou nos pensées. Elle peut être consciente ou inconsciente. Le véganisme appaise la dissonance cognitive que nous pouvons ressentir si nous n’aimons pas que des animaux souffrent mais que nous sommes nous-même source de leur souffrance.

 

 

POUR LA SOCIÉTÉ :
«C’est en forgeant qu’on devient forgeron».

En gros, c’est en s’entraînant qu’on acquière certaines aptitudes qui font ce que nous sommes. Notre société est extrêmement bien entrainée à séquestrer et massacrer des êtres sensibles, à l’indifférence face aux souffrances qu’ils subissent, à les considérer comme des choses et à dévaloriser leur existence.
Nous sommes habitués au point de l’occulter, entraînés à ne pas voir. Nous sommes habitués à la prédation, à la domination et à l’exploitation depuis des siècles.
Le véganisme nous propose une autre pratique, de compassion, de cohabitation, de respect, d’empathie et de bienveillance. Aptitudes que nous pouvons choisir de commencer à pratiquer, à forger et ainsi changer notre société.

GUERRES ET VIOLENCES INTER-HUMAINS :

Nous l’avons vu, l’élevage créé une forte pression sur les ressources (alimentaire, eau, énergie, terre), sur les écosystèmes et sur les populations qui ont faim, provoquant migrations et misère. Qui ne ferai pas n’importe quoi pour manger et nourrir sa famille ? De plus, nous nous habituons à nous insensibiliser au massacre d’êtres sensibles en nous exerçant sur les animaux. Tous les ingrédients sont réunis pour aggraver les violences et tensions entre les pays et les individus.

POUR L’ÉCONOMIE :

Combien la collectivité économiserai-t-elle chaque année en dépenses de santé grâce à une population moins malade, combien en subventions agricoles devenues inutiles, en réparation des dégradations environnementales, combien en frais de justice et de police grâce à une population entraînée à la non-violence ? Comment chiffrer les innombrables effets bénéfiques mentionnés ci dessus ?

 

POUR LE PORTEFEUILLE :

Et oui, les aliments végétaux coûtent moins cher, il suffit de comparer les prix pour s’en rendre compte. En arrêtant la viande, on fera des économies 🙂

 

Pour la mise en pratique, cela ne demande aucun délai, aucun investissement, aucun aménagement particulier mis à part celui de nos habitudes. Nous pouvons tous choisir de commencer tout de suite, que ce soit d’un coup ou par étape.

 

PAR OU COMMENCER :
S’informer :

La premiere chose à faire est de poursuivre vos propres recherches, cet article est loin d’être exhaustif. Vous pouvez utiliser internet. L’association VégéNC met à votre disposition des livres et toute une série de documentaires, de la documentation et des liens vers des sources d’information sur sa page Facebook (Fb : /associationvegenc). Nous organisons également un pique nique de découverte, ouvert à tous, tous les premiers dimanche du mois au Ouen Toro à midi.

Trouver des recettes qui vous plaisent et des alternatives :

Les sites de recettes végétaliennes et les idées de cuisine ne manquent pas sur la toile. Vous pouvez rejoindre le groupe facebook «VégéNC – Groupe public» pour toute question pratique, où trouver les alternatives, partager et échanger des astuces, des recettes. Egalement le groupe facebook «Cuisine végétarienne/vegan calédonienne» ou le site https://cuisine-vegetale-tropicale.com/. Vous verrez qu’il est possible de quasiment tout faire, de la patisserie aux plats traditionnels revisités. Le site vegan-pratique.fr est aussi très utile pour débuter.

Commencer à remplacer les vieilles habitudes par les nouvelles et y prendre plaisir. Assumer et s’y tenir :

La pression sociale peut être très forte et influente pour bon nombre d’entre nous. L’exploitation animale est absolument partout et bien ancré dans notre culture. Cela peut également susciter l’inquiétude des proches. En expliquant calmement votre choix à votre entourage et en vous y tenant, il finira par le comprendre et le respecter.

 

Le plus important est d’y prendre du plaisir,
loin d’être une privation,
c’est une formidable opportunité de vivre
un monde meilleur.

 

 

2 pensées sur “VEGAN, POURQUOI PAS VOUS ?

  • avril 9, 2019 à 6:20
    Permalink

    Bonjour
    libre à tout le monde de choisir ,moi j’ai choisi de monter une association anti végétal anti légumes C’est mon choix, vous vous voulez imposer vos idées et c’est cela qui n’est pas normal
    à bonne entendeur

    Répondre
  • avril 10, 2019 à 9:18
    Permalink

    Bonjour,
    Certains véganes plus activistes que d’autres vous ont peut-être donné l’impression de vous imposer leurs idées. Cependant dans ce dossier nous faisons un point sur le véganisme et le pourquoi de ce mouvement. Nous ne cherchons pas à vous imposer quoique ce soit. Nous en parlons car les points abordés sont réels et nous touchent particulièrement. Une très bonne journée à vous.

    Répondre

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