À Nouméa, le coup d’envoi de la rédaction juridique de l’accord de Bougival a été donné cette semaine, sous l’œil attentif de Manuel Valls, ministre des Outre-mer. Ce texte, qualifié d’“accord historique” par Paris, doit fixer les contours du futur statut de la Nouvelle-Calédonie. Mais une absence de taille a marqué les esprits : celle du FLNKS, qui a refusé de s’asseoir à la table des discussions.
Pour les indépendantistes, l’accord signé en juillet dernier n’est pas acceptable. Ils reprochent au document de verrouiller la Nouvelle-Calédonie dans le giron français, en accordant certes davantage d’autonomie mais sans ouvrir la porte à une véritable indépendance. “Nous ne cautionnerons pas un texte qui nous prive de notre horizon politique”, répètent les leaders du FLNKS.
Le boycott de cette première réunion interroge : comment construire un futur commun si l’un des acteurs principaux reste sur le bas-côté ? Côté État, Manuel Valls a affiché sa volonté d’avancer malgré tout. “Il est de notre responsabilité de transformer en droit ce qui a été discuté et approuvé par une large majorité d’élus calédoniens”, a-t-il affirmé à la presse.
Sur le terrain, cette fracture institutionnelle risque de maintenir une atmosphère tendue. Beaucoup de Calédoniens redoutent que l’absence d’un accord véritablement partagé ne fasse que repousser les divisions au lieu de les apaiser. En attendant, les travaux continuent, mais sur un pied bancal.


