Raphaël Quenard signe un premier roman coup de poing - Actuel Nouvelle-Calédonie

Raphaël Quenard signe un premier roman coup de poing

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Révélé au cinéma par des rôles singuliers et déjà culte (Chien de la casse, Yannick), Raphaël Quenard poursuit son chemin hors des sentiers battus. L’acteur se lance cette fois dans l’écriture et publie son premier livre, Clamser à Tataouine, aux éditions Flammarion. Un texte court, incisif et dérangeant, paru le 14 mai dernier, qui confirme une personnalité artistique impossible à enfermer dans un cadre.

Une plongée dans l’esprit d’un marginal

Le roman s’ouvre sur une tentative de suicide ratée. Son narrateur, psychopathe autoproclamé, décide alors de raconter son histoire. Exilé à Tataouine, il vit chez une expatriée française âgée avec laquelle il entretient une relation ambiguë. Très vite, il lui confie un manuscrit, présenté comme une fiction mais qui ressemble étrangement à un récit autobiographique.

Ce double jeu devient le fil conducteur d’un récit violent et glaçant, où le narrateur, en quête de vengeance contre une société qui l’a rejeté, s’en prend aux femmes qu’il accuse de ses malheurs. La lecture se transforme en descente vertigineuse dans l’intimité d’un personnage sans remords, dont la brutalité fascine autant qu’elle choque.

Un style à la hauteur du personnage

À travers ce texte d’une centaine de pages, Quenard impose une langue qui lui ressemble : torrentielle, charnelle, brute, souvent ironique et traversée d’un humour noir ravageur. Chaque phrase semble porter son phrasé si reconnaissable, à mi-chemin entre gouaille populaire et fulgurances poétiques.

Sans chercher à séduire, l’auteur bouscule. Le roman ne laisse aucun répit, ni au lecteur, ni à son antihéros. C’est sans doute là sa force : ne jamais reculer devant le malaise, quitte à en déranger plus d’un.

Un premier essai marquant

Avec Clamser à Tataouine, Raphaël Quenard réussit un pari risqué : passer de l’écran à la page sans perdre ce qui fait sa singularité. Sa plume comme ses rôles divisent, mais marquent les esprits. Ce premier roman, sombre et sans concession, s’impose déjà comme un objet littéraire à part, à l’image de son auteur : inclassable.

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