LES ANIMAUX EN TOUTE CONSCIENCE – Actuel Nouvelle-Calédonie

LES ANIMAUX EN TOUTE CONSCIENCE

 

Darwin affirmait il y a plus de 150 ans qu’il n’y a pas de différence de nature entre l’humain et les autres espèces animales. Mais une différence de degré entre l’Homme et l’animal. Pourtant, il y a encore quelques décennies, parler chez l’animal de « conscience », c’est-à-dire des états supérieurs de l’activité intellectuelle et mentale, était inconcevable. Dans les milieux scientifiques, il y régnait un climat de « mentaphobie » que dénonçait le fondateur de l’éthologie cognitive, Donald GRIFFIN.

Ce temps semble définitivement révolu. A l’issu d’un congrès de l’université de Cambridge sur ce sujet sensible, dans les années 2010, des scientifiques internationaux renommés, dont Stephen HAWKING, ont signé une déclaration de conscience des animaux. La conclusion est que « les humains ne sont pas les seuls à posséder des bases neurologiques qui produisent la conscience. Les animaux, soit tous les mammifères, les oiseaux, de très nombreuses autres espèces, comme les poulpes possèdent aussi ces substrats neurologiques et émotionnels ».

Lucia Mary BERTHELIN

 

 

Qu’est-ce que la mentaphobie ?

La mentaphobie, c’est la peur, ou la très forte réticence à reconnaitre aux animaux non-humains qu’ils puissent agir en toute conscience pour expliquer et décrire leurs attitudes et comportements. Dans leurs cas, on parle plus souvent d’instinct et de rélfexes que de choix conscients, réfléchis et pensés. En psychologie, cette phobie de reconnaitre une personnalité aux animaux peut être considéré comme une tentative d’évitement et de déni, afin d’atténuer la porté morale de nos actes envers eux. En effet, devant la violence et l’oppression que nous faisons subir aux autres espèces, il est plus confortable de considérer celui que nous tuons, asservissons et faisons souffrir comme quelque chose, plutôt que comme quelqu’un.
Des études ont montré que plus une espèce animale est exploitée dans une culture, et considérée comme appropriée pour la consommation, moins nous lui reconnaissons la capacité de penser. Pourquoi ? Car tout le monde reconnait que tuer un être qui veut vivre, doté de ces capacités là (qui font de lui une personne), revient en quelque sorte à commettre un meurtre, et que ce n’est pas acceptable sans absolue necessité. Maintenant que la science nous prouve la complexité de la conscience animale, allons nous affronter nos peurs ?

Quentin FOLLIASSON

 

 

 

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